1. Le Service des poursuites pénales du Canada – Un aperçu
Le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) est un organisme poursuivant indépendant et responsable, dont l’objectif principal est de mener des poursuites relevant de la compétence fédérale, sans influence indue.
Mandat
La Loi sur le directeur des poursuites pénales énonce le mandat du SPPC. Aux termes de la Loi, le directeur des poursuites pénales (DPP) exerce les attributions suivantes :
- engager et mener les poursuites fédérales;
- intervenir dans toute procédure soulevant des questions d’intérêt public qui pourraient avoir une incidence sur la conduite de poursuites ou d’enquêtes connexes;
- donner des lignes directrices aux procureurs fédéraux;
- conseiller les organismes chargés de l’application de la loi et les organismes d’enquête, de façon générale, à l’égard de poursuites ou d’enquêtes pouvant mener à des poursuites;
- communiquer avec les médias et le public relativement à toutes questions liées à l’engagement ou à la conduite des poursuites;
- exercer les pouvoirs du procureur général du Canada relatifs aux poursuites privées; et
- exercer toutes autres attributions que lui assigne le procureur général du Canada, compatibles avec la charge de DPP.
Dans le cadre de l’exercice de ces attributions, le DPP est sous-procureur général du Canada.
La Loi sur le directeur des poursuites pénales confère également au DPP le pouvoir :
- d’engager et de mener les poursuites relatives à toute infraction à la Loi électorale du Canada; et
- sous l’autorité du procureur général du Canada, d’exercer les attributions conférées à ce dernier par la Loi sur l’extradition et la Loi sur l’entraide juridique en matière criminelle.
Le DPP a également le rang et le statut d’administrateur général de ministère et, à ce titre, est responsable de la gestion du SPPC comme organisation gouvernementale distincte.
Sauf en ce qui a trait à la Loi électorale du Canada, le procureur général peut donner au DPP des directives au sujet d’une poursuite ou prendre en charge une poursuite, mais ces directives doivent être données par écrit et publiées dans la Gazette du Canada. Le DPP, quant à lui, doit informer le procureur général de toute poursuite ou de toute intervention qu’il se propose de faire soulevant d’importantes questions d’intérêt général. De même, le procureur général peut confier des responsabilités supplémentaires au DPP, pourvu que l’attribution soit faite par écrit et publiée dans la Gazette du Canada.
Conformément à la Loi sur le directeur des poursuites pénales, les questions relatives à la Loi électorale du Canada ont été exclues du présent rapport.
Mission et valeurs
Mission
La mission du SPPC est de servir le public :
- en menant des poursuites avec diligence et de manière équitable, impartiale et objective;
- en cherchant à protéger les droits des individus et à faire valoir la règle de droit; et
- en œuvrant au sein du système de justice pénale afin de faire du Canada une société juste et sécuritaire.
Valeurs
Dans l’exercice de son mandat, le SPPC s’inspire de valeurs clés :
- Le respect marque les rapports entre collègues et ceux avec le public.
- L’intégrité appelle le personnel à faire preuve de normes éthiques et professionnelles supérieures.
- L’excellence inspire le personnel dans tous les aspects de son travail.
- Le leadership définit les efforts de l’organisation à améliorer les services de poursuites dans l’ensemble du Canada.
Attributions et directives
En 2013–2014, le procureur général du Canada n’a assigné au DPP aucune attribution, il ne lui a donné aucune directive, et il n’a pris en charge aucune poursuite.
Rôles et responsabilités
Le SPPC intente les poursuites relatives aux infractions fédérales portées à la suite d’une enquête par un organisme d’application de la loi. Le SPPC n’est pas un organisme d’enquête et il ne mène pas d’enquêtes. La distinction entre l’application de la loi et la fonction de poursuite est un principe bien établi dans le système canadien de justice pénale. Toutefois, une coopération entre enquêteurs et procureurs peut devenir indispensable, particulièrement dans le contexte de cas lourds et complexes. Certains outils d’enquête, une demande d’autorisation d’écoute électronique par exemple, ne s’obtiennent que sur demande du procureur au tribunal. Conséquemment, le SPPC offre donc souvent, à l’étape de l’enquête, des conseils juridiques et une aide aux agents d’application de la loi.
Dans tous les territoires et toutes les provinces, sauf au Québec et au Nouveau-Brunswick, il incombe au SPPC d’intenter les poursuites relatives à toutes les infractions en matière de drogues aux termes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS), peu importe le corps policier ayant mené l’enquête. Au Québec et au Nouveau-Brunswick, le SPPC ne se charge que des poursuites en matière de drogues résultant d’enquêtes menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Dans l’ensemble des provinces et des territoires, le SPPC intente les poursuites relatives aux infractions aux termes de lois fédérales, notamment la Loi de l’impôt sur le revenu, la Loi sur les pêches, la Loi sur l’accise, la Loi sur les douanes, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), la Loi sur la marine marchande du Canada et la Loi sur la concurrence; ou à une tentative ou un complot en vue d’y contrevenir. En tout, plus de 250 lois fédérales prévoient des infractions pour lesquelles le SPPC a la compétence nécessaire pour mener une poursuite; toutefois, le SPPC n’engage des poursuites qu’en vertu d’une quarantaine de ces lois.
Le SPPC est responsable de poursuivre toutes les infractions au Code criminel dans les territoires. Dans les provinces, le SPPC a compétence pour instituer des poursuites relativement à un certain nombre d’infractions prévues au Code criminel, y compris les infractions liées au terrorisme, aux organisations criminelles, au blanchiment d’argent, aux produits de la criminalité et à la fraude. En vertu d’ententes avec les provinces, le SPPC peut également se charger des poursuites pour des infractions prévues au Code criminel, qui relèveraient autrement de la compétence des provinces, lorsque l’accusé fait aussi l’objet d’accusations relevant de la compétence fédérale.
Rôle du procureur
Les procureurs jouent un rôle clé dans l’appareil de justice pénale canadien. Ce rôle, de nature quasi judiciaire, a été décrit par la Cour suprême du Canada comme une responsabilité du « ministre de la Justice », qui impose aux procureurs l’obligation de faire preuve d’objectivité, d’indépendance et de réserve. Les procureurs doivent veiller à ce que des poursuites soient engagées dans tous les cas où il est justifié de le faire et menées avec compétence, diligence et équité. Ils doivent être intègres, au-dessus de tout soupçon et exercer le pouvoir discrétionnaire considérable qui leur est conféré de façon équitable, de bonne foi et sans égard aux répercussions politiques de leurs décisions. Ils n’ont pas comme rôle d’obtenir une déclaration de culpabilité à tout prix, mais de présenter au tribunal tous les éléments de preuve existants, pertinents et admissibles qui permettront au tribunal d’établir la culpabilité ou l’innocence d’un accusé.
L’organisation
Au 31 mars 2014, le SPPC comptait 1 059 employés, dont 531 étaient des avocats. Outre les procureurs permanents, le SPPC a retenu les services d’environ 200 cabinets de pratique privée, ou 473 avocats, à titre de mandataires.
L’administration centrale du SPPC est située à Ottawa, mais l’organisation est constituée d’un réseau national de onze bureaux régionaux et de sept bureaux locaux. Certains des procureurs permanents du SPPC travaillent dans les locaux d’équipes intégrées d’application de la loi partout au pays.
Structure organisationnelle
Partenaires
Ministère de la Justice du Canada
Le SPPC entretient d’étroites relations de travail et de collaboration avec le ministère de la Justice du Canada. Les procureurs du SPPC consultent les avocats du ministère de la Justice dans des domaines comme les droits de la personne, le droit constitutionnel, le droit autochtone et le droit public.
Le SPPC compte sur le ministère de la Justice pour la prestation de services visant les systèmes informatiques et autres services restreints internes, où le SPPC partage ses locaux avec le ministère de la Justice, tels que les services de paye, de bibliothèque et d’accueil. Des protocoles d’entente, régissant les services organisationnels et juridiques que le ministère de la Justice et le SPPC se prêtent au nom de l’autre partie ou mutuellement, ont été élaborés.
Organismes d’enquête
Le SPPC fournit des conseils sur demande aux organismes chargés de l’application de la loi dans le cadre des enquêtes qu’ils mènent. La participation précoce des procureurs au cours des enquêtes assure que les enquêteurs reçoivent des conseils opportuns sur les techniques qu’ils utilisent, et que la preuve est recueillie d’une manière conforme à la Charte canadienne des droits et libertés, ainsi qu’aux lois sur la preuve.
Provinces et territoires
La compétence en matière de poursuite est partagée entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Dans le cadre de cette responsabilité partagée, l’accent est mis sur la coopération et la coordination afin d’assurer une application efficace de la loi. Le SPPC et les services de poursuite provinciaux ont conclu des ententes permanentes et des accords spéciaux permettant aux services de poursuite de poursuivre les infractions relevant de leur compétence, tout en s’occupant des accusations « mineures » qui normalement relèvent de la compétence de l’autre service de poursuite. Le SPPC peut, par exemple, avec le consentement et au nom du procureur général d’une province, instituer une poursuite pour une infraction prévue au Code criminel relevant de la compétence d’une province, lorsque l’infraction est associée à une accusation fédérale plus grave. De même, les services de poursuite provinciaux peuvent mener des poursuites relatives à des infractions fédérales lorsqu’elles sont en lien avec une infraction plus grave commise en contravention du Code criminel. La délégation ne porte que sur la poursuite en cours. L’autorité qui délègue la conduite de poursuites conserve la haute main sur la poursuite et les décisions importantes la concernant.
Dans les territoires, toutes les poursuites en vertu du Code criminel sont menées par le SPPC. De même, le SPPC a conclu des ententes avec les territoires concernant la conduite de certaines poursuites territoriales.
Le Guide du SPPC
Les procureurs fédéraux sont soumis aux règles et lignes directrices du Guide du SFP, une publication créée par l’ancien Service fédéral des poursuites (SFP) du ministère de la Justice du Canada.
À titre d’organisme poursuivant indépendant et responsable, le SPPC a depuis rédigé son propre manuel de politiques. Le Guide du SPPC entrera en vigueur plus tard cette année.
Le Guide énonce les principes directeurs que tous les procureurs fédéraux doivent suivre lors de l’introduction ou de la conduite de poursuites. Il contient des directives et des lignes directrices qui guident tous les procureurs fédéraux dans l’exercice de leur pouvoir discrétionnaire de poursuivre.
Le Guide du SPPC sera mis à la disposition du public sur le site Web du SPPC après son lancement.
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