1 Le Service des poursuites pénales du Canada – Un aperçu

Le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) est un organisme poursuivant indépendant et responsable, dont l’objectif principal est de mener des poursuites relevant de la compétence fédérale, sans influence indue.

Mandat

La Loi sur le directeur des poursuites pénales énonce le mandat du SPPC. Aux termes de la Loi, le directeur des poursuites pénales (DPP) exerce les attributions suivantes :

Dans le cadre de l’exercice de ces attributions, le DPP est sous-procureur général du Canada.

La Loi sur le directeur des poursuites pénales confère également au DPP le pouvoir :

Le DPP a également le rang et le statut d’administrateur général de ministère et, à ce titre, est responsable de la gestion du SPPC comme organisation gouvernementale distincte.

Sauf en ce qui a trait à la Loi électorale du Canada, le procureur général peut donner au DPP des directives au sujet d’une poursuite ou prendre en charge une poursuite, mais ces directives doivent être données par écrit et publiées dans la Gazette du Canada. Le DPP, quant à lui, doit informer le procureur général de toute poursuite ou de toute intervention qu’il se propose de faire soulevant d’importantes questions d’intérêt général.

Mission et valeurs

Mission

La mission du SPPC est de servir le public :

Valeurs

Dans l’exercice de son mandat, le SPPC s’inspire de valeurs clés :

Attributions et directives

Le 16 juin 2014, le procureur général a émis une directive ordonnant aux procureurs de l’État et aux personnes agissant à ce titre, de suivre les directives figurant dans le Guide du Service des poursuites pénales du Canada. Le Guide du SPPC remplace le Guide du SFP, une publication créée par l’ancien Service fédéral des poursuites du ministère de la Justice du Canada. La directive du procureur général a aussi annulé l’ancienne directive ordonnant aux procureurs de se conformer au Guide du SFP.

En 2014-2015, le procureur général n’a assigné aucune attribution au DPP, et n’a pris en charge aucune poursuite.

Rôles et responsabilités

Le SPPC intente les poursuites relatives aux infractions fédérales portées à la suite d’une enquête par un organisme d’application de la loi. Le SPPC n’est pas un organisme d’enquête et il ne mène pas d’enquêtes. La distinction entre l’application de la loi et la fonction de poursuite est un principe bien établi dans le système canadien de justice pénale. Toutefois, une coopération entre enquêteurs et procureurs peut devenir indispensable, particulièrement dans le contexte de cas lourds et complexes. Certains outils d’enquête, une demande d’autorisation d’écoute électronique par exemple, ne s’obtiennent que sur demande du procureur au tribunal. Conséquemment, le SPPC offre souvent, à l’étape de l’enquête, des conseils juridiques et une aide aux agents d’application de la loi.

Dans tous les territoires et toutes les provinces, sauf au Québec et au Nouveau-Brunswick, il incombe au SPPC d’intenter les poursuites relatives à toutes les infractions en matière de drogues aux termes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS), peu importe le corps policier ayant mené l’enquête. Au Québec et au Nouveau-Brunswick, le SPPC ne se charge que des poursuites en matière de drogues résultant d’enquêtes menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Dans l’ensemble des provinces et des territoires, le SPPC intente les poursuites relatives aux infractions aux termes de lois fédérales, notamment la Loi de l’impôt sur le revenu, la Loi sur les pêches, la Loi sur l’accise, la Loi sur les douanes, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), et la Loi sur la concurrence; ou à une tentative ou un complot en vue d’y contrevenir. En tout, plus de 250 lois fédérales prévoient des infractions pour lesquelles le SPPC a la compétence nécessaire pour mener une poursuite; toutefois, le SPPC n’engage des poursuites régulièrement qu’en vertu d’une quarantaine de ces lois.

Le SPPC est responsable de poursuivre toutes les infractions au Code criminel dans les territoires. Dans les provinces, le SPPC intente des poursuites relativement à un certain nombre d’infractions prévues au Code criminel, y compris les infractions liées au terrorisme, aux organisations criminelles, au blanchiment d’argent, aux produits de la criminalité et à la fraude. En vertu d’ententes avec les provinces, le SPPC peut également se charger des poursuites pour des infractions prévues au Code criminel, qui relèveraient autrement de la compétence des provinces, lorsque l’accusé fait aussi l’objet d’accusations relevant de la compétence fédérale.

Rôle du procureur

Les procureurs jouent un rôle clé dans l’appareil de justice pénale canadien. Ce rôle, de nature quasi judiciaire, impose aux procureurs l’obligation de faire preuve d’objectivité, d’indépendance et de réserve. Les procureurs doivent veiller à ce que des poursuites soient engagées dans tous les cas où il est justifié de le faire et menées avec compétence, diligence et équité. Ils doivent être intègres, au-dessus de tout soupçon, et exercer le pouvoir discrétionnaire considérable qui leur est conféré de façon équitable, de bonne foi et sans égard aux répercussions politiques de leurs décisions. Ils n’ont pas comme rôle d’obtenir une déclaration de culpabilité à tout prix, mais de présenter au tribunal tous les éléments de preuve existants, pertinents et admissibles qui permettront au tribunal d’établir la culpabilité ou l’innocence d’un accusé.

L’organisation

Au 31 mars 2015, le SPPC comptait 1 031 employés, dont 526 étaient des avocats. Outre les procureurs permanents, le SPPC a retenu les services d’environ 183 cabinets de pratique privée, ou 410 avocats, à titre de mandataires.

L’administration centrale du SPPC est située à Ottawa, mais l’organisation est constituée d’un réseau de bureaux régionaux et de bureaux locaux partout au pays.

Structure organisationnelle

Graphique de la Structure organisationnelle
Description longue

Partenaires

Ministère de la Justice du Canada

Le SPPC entretient d’étroites relations de travail et de collaboration avec le ministère de la Justice du Canada. Les procureurs du SPPC consultent les avocats du ministère de la Justice dans des domaines comme les droits de la personne, le droit constitutionnel, le droit autochtone et le droit public.

Le SPPC compte sur le ministère de la Justice pour la prestation de certains services internes et systèmes informatiques, tels que les services de paye, de bibliothèque et d’accueil. Des protocoles d’entente régissant les services organisationnels et juridiques que le ministère de la Justice et le SPPC se prêtent mutuellement ont été élaborés.

Organismes d’enquête

Le SPPC fournit des conseils sur demande aux organismes chargés de l’application de la loi dans le cadre des enquêtes qu’ils mènent. La participation précoce des procureurs au cours des enquêtes assure que les enquêteurs reçoivent des conseils opportuns sur les techniques qu’ils utilisent, et que la preuve est recueillie d’une manière conforme à la Charte canadienne des droits et libertés, ainsi qu’aux lois sur la preuve.

Provinces et territoires

La compétence en matière de poursuite est partagée entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Dans le cadre de cette responsabilité partagée, l’accent est mis sur la coopération et la coordination afin d’assurer une application efficace de la loi. Le SPPC et les services de poursuites provinciaux ont conclu des ententes permanentes et des accords spéciaux permettant aux services de poursuites de s’occuper des infractions relevant de leur compétence, tout en s’occupant des accusations « mineures » qui normalement relèvent de la compétence de l’autre service de poursuite. Le SPPC peut, par exemple, avec le consentement et au nom du procureur général d’une province, instituer une poursuite pour une infraction prévue au Code criminel relevant de la compétence d’une province, lorsque l’infraction est associée à une accusation fédérale plus grave. De même, les services de poursuites provinciaux peuvent mener une poursuite relative à une infraction fédérale lorsqu’elle est en lien avec une infraction plus grave commise en contravention du Code criminel.

Dans les territoires, toutes les poursuites en vertu du Code criminel sont menées par le SPPC. De même, le SPPC a conclu des ententes avec les territoires concernant la conduite de certaines poursuites territoriales.

Projet Khemistry

Plusieurs personnes ont été accusées d’infractions de complot de trafic et de trafic de stupéfiants dans le cadre du projet Khemistry, à la suite d’une enquête par écoute électronique de la GRC (Division K), qui avait débuté en 2010. Jason Croft et Jonathan Aldaba ont tous deux été reconnus coupables de complot de trafic en gros de méthamphétamines après un procès devant jury de plusieurs semaines, dans le cadre duquel il y a eu plusieurs mois de requêtes préliminaires. M. Aldaba a été condamné à une peine de huit ans d’emprisonnement. M. Croft a par la suite plaidé coupable à d’autres accusations de trafic en gros de cocaïne et de méthamphétamines, et à un incident isolé visant des armes à feu découlant également de l’enquête, pour lesquels il a reçu une peine totale de douze ans d’emprisonnement. M. Croft fait actuellement appel de sa peine. Leur coaccusé, Steven Whipple, a été acquitté de l’accusation de complot; son dossier fait l’objet d’un appel de la Couronne.

Date de modification :